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Monsieur Nicolas Sarkozy
Président de la République
Palais de l'Élysée
55-57 Faubourg Saint-Honoré
75008 PARIS
Monsieur le Président de la République,
A l'issue du Grenelle de l'environnement, vous avez bien voulu
marquer votre refus d'un développement inconsidéré
de l'énergie éolienne en affirmant : " Je suis
contre une forme de précipitation qui se traduit par la
dégradation de l'environnement. Nous ferons des éoliennes
prioritairement sur les friches industrielles et loin des sites
emblématiques ".
Les huit associations nationales, reconnues d'utilité publique,
de sauvegarde et de mise en valeur du patrimoine bâti et
paysager approuvent votre position. Elles souhaitent vous alerter
sur la nécessité de mesures urgentes face à
la gravité des menaces qui pèsent aujourd'hui sur
les paysages de notre pays.
Bien qu'aucune statistique officielle n'existe dans ce domaine,
les informations dont nous disposons permettent d'affirmer qu'aujourd'hui
plusieurs milliers de projets d'implantation ont été
déposés ou font l'objet d'études préliminaires.
Le nombre d'éoliennes en service pourrait donc décupler
dans les prochaines années ce qui provoque l'inquiétude
de nombreux défenseurs de l'environnement et suscite d'innombrables
conflits locaux, ces engins étant de plus en plus imposants.
La raison de cette prolifération est claire : en ayant
fixé le prix de rachat de l'électricité d'origine
éolienne le 10 juillet 2006 à une valeur deux fois
plus élevée que pour les autres sources d'électricité,
l'État a créé un effet d'aubaine exceptionnel
dont cherchent à profiter au plus vite les groupes financiers
et industriels de tous bords. Tous prospectent avec acharnement
les communes de France qui souvent croient tomber sur un pactole
sans discerner les dommages que ces installations peuvent entraîner
pour leur environnement. Le coût pour l'ensemble des consommateurs
d'EDF à qui revient le privilège de régler
le surprix payé à l'électricité d'origine
éolienne, sera bientôt de plusieurs milliards d'euros.
Or, l'avantage consenti à l'électricité
d'origine éolienne ne nous paraît pas justifié
: les éoliennes ne fonctionnant en moyenne que 25 % du
temps (ni par grand vent, ni par très grand froid), il
est nécessaire de construire en relais des centrales thermiques
créatrices de gaz à effet de serre. Ainsi, indirectement,
l'électricité d'origine éolienne est une
énergie renouvelable " sale ", ce que ne sont
ni la biomasse, ni l'énergie solaire.
Face à cette situation, nous vous demandons que deux décisions
soient prises :
1. Revoir très nettement à la baisse le prix de
rachat de l'électricité d'origine éolienne
(comme l'a fait récemment le Danemark) ;
2. Donner l'instruction aux Préfets, en application de
l'article 10-1 de la loi du 13 juillet 2005 de refuser tout projet
de zone de développement de l'éolien qui, dans un
rayon d'au moins 10 kilomètres, porte atteinte à
l'environnement d'un site ou d'un bâtiment remarquable ou
protégé.
Nous pensons qu'ainsi sera évité que ce quinquennat
soit marqué par une atteinte irrémédiable
à des paysages qui forment une part essentielle de notre
patrimoine national et auxquels les millions de visiteurs du monde
entier sont attachés.
Nous vous prions de croire, Monsieur le Président, à
l'assurance de notre haute considération.
Paule Albrecht Présidente de la SPPEF
Olivier de Rohan-Chabot Président de la Sauvegarde de l'Art
Français
Michel FontainePrésident de Maisons Paysannes de France
Jean de Lambertye Président de la Demeure Historique
Christian Pattyn Président de la Ligue Urbaine et Rurale
Henri de LépinayPrésident de REMPART
Kléber Rossillon Président de la FNASSEM
Philippe Toussaint Président des Vieilles Maisons Françaises
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