Problématique financière des
éoliennes en France
1 - La puissance actuellement installée au début
de 2008 est relativement faible : 2 000 MW. Mais les projets
se développent à très grande vitesse et
l'objectif de Grenelle (25 000 MW) sera probablement atteint
rapidement. (Dans un seul département, la Somme, 500
MW ont été autorisés et 500 autres sont
en cours d'instruction). S'il n'a pas déjà été
mené à bien, un recensement précis des
projets accordés ou en cours d'instruction est indispensable
pour apprécier la situation.
2 - Lorsque l'objectif de Grenelle
(25 000 MW) sera atteint, la facture " brute " pour
EDF s'élèvera à 4,7 milliards d'euros par
an en valeur 2008, sur la base d'une durée moyenne annuelle
de fonctionnement des éoliennes de 2200 heures et d'un
tarif d'achat de 85 euros pour 1000 kwh.
3 - La question centrale est de
savoir quel sera le surcoût " net " pour EDF
par rapport à la situation qui prévaudrait sans
les éoliennes.
4 - Une remarque importante doit
être faite à ce stade. Dans la situation française,
les éoliennes ne répondent pas à un besoin.
La production française d'électricité est
très supérieure à la consommation nationale
(540 twh contre 470 twh). Or la consommation nationale ne croît
plus que très lentement, et il n'est pas exclu que les
efforts faits en faveur des économies d'énergie
la conduisent à stagner à l'avenir, voire à
décroître quelque peu. Par ailleurs, le parc nucléaire
existant fonctionnera encore pendant plusieurs décennies
(Les centrales françaises sont des versions améliorées
des centrales américaines " Westinghouse "
qui sont certifiées pour
60 ans) sans qu'il soit sans doute guère besoin de construire
de nouvelles unités,
au-delà de l'EPR de Flamanville.
5 - Dans ces conditions, l'électricité
produite par les éoliennes se substituera, soit à
de l'électricité d'origine thermique classique
(coût de revient marginal de l'ordre de 50 euros par 1000
kilowattheures) soit à de l'électricité
d'origine nucléaire (coût de revient marginal de
l'ordre de 5 euros par 1000 kilowattheures).
Le rapport RTE de 2007 laisse entendre
que la substitution se répartirait par moitié
entre ces deux possibilités lorsque la puissance installée
des éoliennes atteindra 17 000 MW. Au-delà, la
substitution se fera sans doute de plus en plus aux dépens
de l'électricité d'origine nucléaire. Il
s'agit là du point central qui mérite d'être
clarifié. En adoptant l'hypothèse d'une substitution
par moitié entre l'électricité nucléaire
et celle d'origine thermique classique, la facture pour EDF
- et donc pour le consommateur - atteindra plus de 3 milliards
d'euros par an qui ne répondent à aucune nécessité.
Il s'agit là du coût d'un EPR, chaque année.
6 - Ce coût est évidemment
sans commune mesure avec l'aide qu'il serait éventuellement
justifié d'apporter pour favoriser la naissance d'une
industrie nationale d'éoliennes.
C. GERONDEAU
28 mars 2008