Retour sur l'affaire
"Vent du Bocage" et "Vent de colère",
associations anti-éoliennes, constatant que les procédures
légales n'avaient pas été respectées,
avaient déposé un recours devant le Conseil d'Etat.
Celui ci visait à annuler l'arrêté du 10 juillet
2006 fixant les conditions d'achat de l'électricité
produite par les installations utilisant l'énergie mécanique
du vent telles que visées au 2° de l'article 2 du décret
n° 2000-1196 du 6 décembre 2000.
Le 6 août dernier, étaient alors annulés les
tarifs minima d'achat d'électricité d'origine éolienne
au motif de la consultation du Conseil supérieur de lélectricité
et du gaz en lieu et place du Conseil supérieur de lénergie.
Afin de remédier à cette situation, les services
du Meeddat ont rédigé unnouvel arrêté
et cette fois le texte a été soumis au Conseil supérieur
de lénergie et à la Commission de régulation
de lénergie (CRE).
Publié depuis le 13 décembre dernier, il est désormais
effectif.
Saisie par le Ministre de lEcologie, la CRE ne s'est pas
contentée de signaler que ce nouvel arrêté
correspond en tout point à celui du 10 juillet 2006, annulé
pour vice de procédure. "Le tarif est inchangé,
y compris dans ses modalités d'indexation", précise
la CRE.
Des tarifs inadéquats
La CRE juge "excessif" que les installations implantées
en France continentale fonctionnant 2 400 h/an ou plus (en
équivalent pleine puissance) et que les installations implantées
sur le domaine portuaire, à proximité du rivage
ou par faible profondeur, "puissent bénéficier
du tarif applicable aux installations implantées sur le
domaine maritime alors que leurs coûts sont davantage comparables
à ceux de centrales implantées à terre".
Pour les installations implantées sur le domaine public
maritime, la CRE considère "quil serait possible
dobtenir de meilleurs prix dune mise en concurrence
des opérateurs sur des zones prédéfinies
par lEtat". De plus, la Commission précise qu'un
"tel processus serait de nature à favoriser le consensus
sur le choix du site, à simplifier lobtention des
autorisations administratives et à générer
une véritable concurrence sur les prix."
Un choix irrationnel pour la France métropolitaine
L'avis de la CRE dépasse même le cadre des tarifs
d'achat.
Grâce à son parc nucléaire (78% de l'électricité
produite), la France est l'un des pays industrialisés les
plus performants en termes démissions de gaz à
effet de serre par habitant, ce pourquoi la CRE précise
que le choix de l'éolien ne peut être rationnel qu'en
Corse, dans les départements doutre-mer, à
Saint-Pierre-et-Miquelon et à Mayotte où, "du
fait de la petite taille et de lisolement des systèmes
électriques, une bonne partie de la production délectricité
est assurée par des centrales au charbon et au fioul de
faible puissance, relativement coûteuses et polluantes".