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REIGNAC. - Les anti-éoliens abattent leurs cartes
La réunion a rassemblé un public curieux et tendu.
(photo f. M.)
Une nouvelle réunion publique était organisée
jeudi soir à la salle des fêtes de Reignac, mais cette
fois-ci par l'association Vigi -Éole, au sujet du projet
qui fait débat, la création d'une ZDE (Zone de développement
éolien). De nombreuses personnes étaient présentes,
parmi lesquelles les élus municipaux, le directeur de Valorem,
M. Gérard, Eddie Puyjalon et Jacky Jonchère, représentants
de CPNT. Jean-Louis Butré, président de la FED (Fédération
environnement durable) et François Villiers, du groupement
forestier Nord Gironde, étaient présents pour informer
le public sur ce qu'est l'éolien industriel.
Mieux informer
Daniel Ardouin, président de Vigi-Éole, ouvrait la
réunion en rappelant que l'association avait déposé
" un recours au tribunal administratif, suite à un manque
de concertation évident ".
Jean-Louis Butré prenait alors le relais, en insistant sur
le fait que " notre fédération, qui regroupe
500 associations, n'est absolument pas contre les nouvelles énergies.
Nous sommes en accord avec le Grenelle de l'environnement. Nous
contestons cependant formellement les arguments techniques et économiques
présentés par les promoteurs et les investisseurs
de l'éolien industriel. Et nous sommes là pour une
meilleure information des populations. "
Pour la fédération, l'éolien pose problème,
car il est peu productif. Et il est, selon Jean-Louis Butré,
impossible de trouver combien produisent les 2 000 éoliennes
en France. L'éolien compliquerait la régulation du
réseau électrique et serait insignifiant quant à
la réduction des émissions de CO2
" Erreur stratégique "
Pour Vigi-Éole et la fédération, l'argument
écologique est un argument marketing, pour faire accepter
le projet. " C'est surtout rentable pour les promoteurs, parce
qu'EDF rachète l'électricité à un prix
anormal. On prend l'argent du contribuable ", précise
Jean-Louis Butré. " De plus, l'éolien est en
dehors des critères du développement durable. C'est
une erreur stratégique et le paysage sera touché.
" Daniel Ardouin a ensuite précisé le positionnement
de son association : " On dit non à l'éolien,
surtout quand on voit qu'il n'y a pas eu de concertation et qu'on
a fait le boulot de la Communauté de communes de l'Estuaire
".
François Villiers, du Groupement de développement
forestier de Haute Gironde, rejoint le mouvement, car pour lui,
" la forêt, qui sur la commune a une place importante
(+ de 50 % soit 1 500 hectares), se prête mal a l'éolien,
car elle sera dégradée ".
La fin de la soirée a été explosive. Les questions
fusaient, parfois même hors sujet, montrant que la population
de cette petite commune est vraiment divisée au sujet de
ce projet de ZDE, qui risque de faire couler encore beaucoup d'encre.
Auteur : Françoise Millot
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SUD OUEST | Mardi 16 Juin 2009
De nombreux élus étaient présents. (photo f.
m.)
" Pourquoi les habitants de Reignac n'ont pas été
invités ? ", c'est ce que certaines personnes lançaient
jeudi soir à la réunion publique sur le projet de
développement d'un futur parc éolien en Haute Gironde,
qui a rassemblé un très nombreux public pour un débat
passionnant et passionné.
Philippe Plisson, en présence des représentants de
la société Valorem (" Sud Ouest " du 11
juin), du sous-préfet Christophe Lotigié, d'Alain
Gandré, maire de Reignac, et de nombreux autres élus,
avait invité la population pour l'informer de l'avancée
du projet intercommunal.
" Il n'y a pas d'enjeu personnel. Le but de cette action est
avant tout de rendre service à la planète. L'urgence
écologique est là et les récents scrutins électoraux
ont démontré qu'une importante partie de la population
en a pris conscience. Ce projet a tout de même été
approuvé à l'unanimité ", déclarait
le député.
Travail concerté
En matière d'éoliennes, une étude avait été
initiée en 2007 sur les onze communes du canton, pour déterminer
les secteurs les plus favorables à la mise en place de cette
énergie. Le résultat, après deux ans de travail
concerté, a abouti à la sélection d'une zone
de développement éolien à Reignac, validé
par le préfet le 20 mars dernier.
Le climat dans l'assemblée était tendu. Certains,
comme les opposants de Vigi-Éole estimaient que " les
grandes manoeuvres commencent. Vous essayez de nous endormir en
nous disant que la création de la ZDE ne veut pas dire qu'il
y aura forcément des éoliennes, que rien n'est fait.
La prospection a commencé avant même qu'une étude
ne soit faite. C'est dire si on se moque bien de notre opinion.
Les élus municipaux n'auront plus jamais la main sur ce projet,
il n'y a plus que notre association pour y faire barrage, et nous
avons encore des recours... "
" Projet opaque "
Pour eux, le projet présenté par Valorem et la CCE
est trop opaque : " Il n'y a pas de concertation locale, pas
de respect des riverains (installations trop proches des habitations),
pas de potentiel éolien (vents trop faibles) et l'inefficacité
est prouvée car il n'y a pas de réduction de rejet
des gaz à effet de serre. Cela constitue aussi une pollution
visuelle et sonore. " Tout cela a bien été entendu
et l'agence locale d'énergie et Valorem ont pour leur part
expliqué que leur démarche se fait dans un esprit
de transparence. " L'étude de faisabilité commencera
maintenant sur la zone d'implantation potentielle, définie
selon des critères bien spécifiques ", expliquait
un des représentants de Valorem. Les prochaines étapes
seront centrées autour de la concertation, avec la mise en
place d'un atelier technique de concertation.
La communication restera la principale préoccupation de ce
groupe de travail qui a, jeudi soir, malgré un débat
passionnant et passionné, défendu un projet qui va
bien au-delà d'une problématique locale. " Car
la vraie question, selon Philippe Plisson, est de savoir si on veut
vraiment sauver la planète pour qu'elle soit viable pour
les générations futures. "
Auteur : Françoise Millot
SUD OUEST | Mardi 16 Juin 2009
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