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Communiqué de presse: Paris le 21 novembre
2007
Suez : première victime de la bulle verte ?
Suez n'a pas résisté à la mode des éoliennes
industrielles en France en acquérant officiellement 50,1%
de la Compagnie du Vent pour 331 millions d'Euros, soit 30 fois
le chiffre d'affaires actuel de la petite entreprise montpelliéraine.
Un jour après cette extraordinaire surenchère,
Le Monde publiait un article où le PDG de Suez s'appliquait
à contester avoir payé trop cher tout en précisant
espérer contrôler 15% du marché français
d'ici 2015 avec 2000 MegaWatts éoliens installés.
Désirant sans doute marquer les esprits, Gérard
Mestrallet n'hésite pas à comparer ses futures éoliennes
industrielles à la puissance nucléaire en affirmant
que "2000 MégaWatts éoliens, c'est plus qu'un
EPR", le réacteur 3ème génération
de 1600 Mégawatts.
Or, Réseau de Transport d'Electricité (RTE) analyse
dans son bilan prévisionnel 2007 qu'en raison des caractéristiques
des vents français, les éoliennes industrielles
ne fonctionnent en moyenne que 24,6% du temps à leur puissance
nominale. Ainsi, 2000 Mégawatts éoliens ne produisent
que l'équivalent de 490 Mégawatts nucléaires,
"soit seulement le tiers d'un EPR" rectifie Jean-Louis
Butré, Président de la Fédération
Environnement Durable.
Suez aurait-elle bâti son business plan de rachat de la
Compagnie du Vent en confondant puissance nominale installée
(MégaWatt) et production électrique effective (MégaWatt-heure),
soit une différence défavorable d'un facteur quatre
?
La Fédération Environnement Durable qui regroupe
des centaines d'associations et qui défend les énergies
renouvelables réellement efficaces est confortée
dans son analyse vis à vis de l'éolien industriel
qu'elle considère comme un scandale financier doublé
d'une imposture écologique
J.L. Butré
Pdt
Fedération Environnement Durable
3 rue des Eaux Paris 75016
tel : 01 40 50 32 63
06 80 99 38 08
jlb@environnementdurable.net
http://environnementdurable.net
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Article du Monde du 16 .11.07
Après des semaines de négociations et de surenchère,
Suez a annoncé, vendredi 16 novembre, l'acquisition pour
331 millions d'euros de 50,1 % de la Compagnie du Vent, une petite
entreprise produisant de l'électricité à partir
d'un parc d'éoliennes implantées en France.
Le groupe d'énergie et d'environnement, qui réalise
cette opération via sa filiale Electrabel, portera ainsi
sa participation à 56,8 % lors de la prochaine augmentation
de capital qui lui est réservée. Il coiffe ainsi
sur le poteau le groupe allemand RWE qui était le dernier
candidat en lice.
Le prix est très élevé si on le rapporte
à la puissance installée de la compagnie montpelliérenne
qui s'élève à 148 mégawatts (MG) et
à son chiffre d'affaires (11 millions d'euros). Il s'inscrit
dans un mouvement de valorisation des sociétés du
secteur, (fabricants d'éoliennes ou producteurs d'énergie
propre), qui fait craindre à certains analystes l'apparition
d'une "bulle verte".
Trop cher payé ? Le PDG de Suez le conteste. "Comparer
le chiffre d'affaires actuel de la Compagnie du Vent avec le prix
payé n'a aucun sens", explique Gérard Mestrallet,
qui préfère restituer l'opération dans le
contexte favorable pour les énergies renouvelables. En
décidant que 20 % de l'énergie consommée
en Europe devra être d'origine renouvelable en 2020, l'Union
européenne a ouvert de belles perspectives à l'éolien,
affirme-t-il.
Et Suez achète surtout des projets, comme il l'a fait
en juillet avec l'acquisition du canadien Ventus. "La Compagnie
du Vent détient un portefeuille de projets, en France et
à l'étranger, de plus de 6 500 MW", indique
Suez, qui espère contrôler 15 % du marché
français à l'horizon 2015 avec 2 000 MW (dont plusieurs
centaines en mer). "2000 MW, c'est plus qu'un EPR",
le réacteur nucléaire de troisième génération,
rappelle le patron de Suez.
Le groupe se renforce dans un secteur où les multinationales
de l'énergie (EDF, E. ON, Enel, Iberdrola...) ont pris
de solides positions. Gaz de France vient d'acheter Erelia (parcs
éoliens en France) après avoir créé
Maïa Eolis, co-entreprise nommée avec le fabricant
d'éoliennes Maïa Sonnier. Après la fusion GDF-Suez,
prévue en 2008, le nouveau groupe deviendra un des principaux
acteurs de l'éolien en France.
Jean-Michel Bezat
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-979988@51-980107,0.html
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