Avertissement : Ce travail m'a été demandé
par plusieurs personnes désireuses d'en savoir plus au
sujet des éoliennes. L'information des populations est
quasi inexistante et les projets sont élaborés dans
la plus grande discrétion. Des réunions " d'information
" pour les maires, les propriétaires, et plus rarement
pour les populations, sont en général organisées
par les sociétés elles-mêmes et leurs agents
marketing. Leur but est d'obtenir des marchés. Répondant
à l'impatience, bien qu'inachevé, ce document est
indicatif, il a pour but de susciter la curiosité, la réflexion
et d'alimenter le débat. Il se veut respectueux de la population
de nos villages largement tenue à l'écart des décisions.
Il veut être un hommage rendu aux riverains des implantations
d'éoliennes qui endurent des nuisances inadmissibles.
INTRODUCTION :
Le programme éolien français a été
élaboré en vue de répondre, à une
directive européenne de 2001 invitant ses membres à
augmenter leur production d'électricité en énergies
renouvelables, (Cette directive n'étant pas contraignante
mais incitative) et au protocole de Kyoto concernant le grave
défi du réchauffement climatique et des émissions
de CO2, gaz à effet de serre. Le but serait d'atteindre
21% d'énergies renouvelables pour la production d'électricité
d'ici 2010.
La France s'est engagée dans une politique volontariste
en faveur de la production électrique à partir de
l'énergie éolienne, accompagnée d'un plan
de financement très avantageux. Or l'énergie éolienne
n'est qu'un procédé parmi les 10 évoqués
dans les accords de Kyoto et probablement l'un des moins adapté
pour répondre au défi.
De très nombreux projets sont en cours d'élaboration
dans l'ensemble du Cantal et des départements voisins.
1- LES VERTUES DE L'EOLIEN ? UNE ENERGIE PROPRE ?
Le vent a toujours été utilisé dans le passé
comme source d'énergie. La beauté de la marine à
voile inspire une sympathie pour cette source d'énergie,
image de pureté, de liberté, (figure du Saint Esprit).
Mais au-delà d'une approche purement sentimentale, il faut
étudier les données objectives pour se faire une
opinion responsable et crédible.
Le problème est que le vent souffle quand il veut ; or,
quand le vent cesse de souffler, le bateau n'avance plus. Il faut
ramer, et le beau voilier se transforme en galère (au sens
propre et au sens figuré).
Avec l'apparition de la machine à vapeur, la voile a été
doublée par cette autre source d'énergie. Mais rapidement,
étant donné son peu de rendement et de maniabilité,
la voile a été abandonnée au profit de la
seule machine à vapeur puis du moteur à fioul.
a) Une énergie intermittente.
Si le vent est écologique, le captage du vent pose un certain
nombre de problèmes écologiques (nous l'aborderons
dans le point 2). Mais parce que l'on ne peut se contenter d'énergie
par intermittence, il faut coupler les installations éoliennes
avec d'autres sources de production, souples d'utilisation, pouvant
prendre le relais des éoliennes dès que celles-ci
s'arrêtent de fonctionner faute de vent.
Les centrales nucléaires ne peuvent assurer ce couplage
du fait de leur manque de souplesse d'utilisation. On ne peut
démarrer ni arrêter une centrale nucléaire
facilement.
La production hydraulique tient déjà sa place dans
le dispositif, notamment pour répondre aux pics de consommation.
De plus cette production est limitée au nombre de sites
naturels aménageables bien que des améliorations
techniques puissent encore augmenter sensiblement leur rentabilité.
C'est en fait la production électrique par centrales thermiques
qui est nécessaire pour accompagner le programme éolien
français. Ainsi trois centrales thermiques, sources de
gaz à effet de serre, sont d'ores et déjà
en construction ou en projet, soit un développement d'émissions
de ces gaz. De plus, pour être en mesure de prendre le relais,
les centrales thermiques continuent de fonctionner au ralenti
lorsque les éoliennes tournent.
b) Un faible rendement.
Une éolienne, pour fonctionner nécessite un vent
ni trop faible, ni trop fort. Entre 10m/s et 25m/s (30km/h et
90km/h). Par temps calme, on peu tout de même voir tourner
des éoliennes, mais sans produire.
Les prévisions trop optimistes faites en 2001 estimaient
que la production des éoliennes en France correspondrait
à 2500 heures de fonctionnement en pleine puissance par
an (le nombre d'heures dans l'année étant de 8760),
soit un rendement des installations à 23% de leurs capacités
(on compte en équivalent pleine puissance/heure car les
éoliennes tournent davantage mais en deçà
de leurs capacités).
Or la production a été estimée pour l'année
1999 à :
1480 h en Allemagne - 1640 h en Espagne - 1900 h au Danemark -
1770 h aux Etats-Unis.
A Ally (43), la production est même estimée à
1230 h (moyenne publiée sur les trois premiers mois, soit
4% à 19%).
En réalité, la production française n'excède
pas 2000 heures, soit un rendement inférieur à 20%.
80% du temps, les éoliennes ne produisent pratiquement
rien. De plus, en raison de leur très grande irrégularité
de fonctionnement, une partie de la production est inutilisable
et ne peut être stockée.
Si un parc éolien de 20MW (7 à 12 éoliennes
géantes), est dit pouvoir alimenter en énergie 12
000 foyers, soit 48 000 habitants, on imagine qu'avec assez peu
d'éoliennes on peut fournir en électricité
une ville comme Aurillac. C'est un argument marketing souvent
repris par la presse. Mais l'électricité ne sert
pas qu'à la ménagère, elle est essentielle
dans de multiples secteurs d'activités et si on se réfère
à la consommation nationale rapportée au nombre
d'habitants, la production de ce parc ne couvre , tous besoins
confondus, que 5000 habitants.
c) Une production toujours aléatoire :
Les éoliennes ne fonctionnent ni par grands froids, ni
par fortes canicules qui se produisent en périodes anticycloniques
où il n'y a pas de vent mais où l'on observe souvent
des pointes de consommation.
Le raccordement au réseau électrique présente
des difficultés techniques car les éoliennes produisent
en fonction des aléas du vent et non selon la demande.
L'EDF doivent toujours assurer une production qui réponde
à la consommation. En période tendue, le démarrage
intempestif des éoliennes peut produire une surtension,
et déclencher une panne du réseau. L'origine de
la panne qui, le 4 novembre, a parcouru l'Europe jusqu'en Espagne
(et le Cantal) suscite bien des questions. Il semble que les éoliennes
du nord de l'Allemagne aient contribué au déclanchement
de cette panne qui pourrait ne pas être due à un
manque, mais à un excès d'énergie. (Les dispositifs
de sécurité ayant bien fonctionné, la panne
a été remarquablement gérée. Mais
nous comprenons la réticence des gestionnaires de réseaux
et de bien des techniciens d'EDF devant le développement
de l'éolien).
Du fait de leur irrégularité, les éoliennes
produisent rarement quand on en a besoin, ce qu'elles produisent
est souvent inutilisable, de ne plus la qualité de l'électricité
distribuée par le réseau est remise en cause (stabilité
des fréquences, tension, microcoupures, arrêt de
fonctionnement
), Les zones rurales, zones de production
éolienne, ne bénéficieront plus de la même
qualité de service que les centres urbains. Un décret
visant à institutionnaliser cette inégalité
est en préparation pour 2007.
d) comparaison avec d'autres pays :
La France est décriée comme étant le pays
le plus en retard quant à la production d'électricité
à partir d'énergies renouvelables. Or la France
est exemplaire sur plusieurs points :
- La France est, parmi les pays industrialisés, le pays
qui produit l'électricité la plus propre avec un
taux de CO2 au KWh produit très largement inférieur
à celui des champions de l'éolien que sont l'Allemagne,
le Danemark ou l'Espagne.
- La France a réduit des 2/3 ses émissions de CO2
dès la période 1980 à 1990 pour sa production
d'électricité (elle n'a pas attendu les directives
européennes).
- La France est le 1er pays producteur d'énergies renouvelables
de l'Union Européenne grâce à ses importants
aménagements hydroélectriques.
L'éolien permet de réduire très légèrement
les émissions de CO2 dans les pays équipés
de nombreuses centrales thermiques, mais sans résoudre
le problème de manière fondamentale.
e) La question du nucléaire :
Le programme éolien est conçu en principe pour répondre
au défi du réchauffement climatique. Nous constatons
que l'énergie éolienne constitue, contrairement
aux idées reçues, une réponse inadaptée
au défi. D'où vient cette dérive ?
L'objectif (certes respectable) des mouvements écologistes,
à une certaine époque, pour sortir du nucléaire
a initié le développement des programmes éoliens.
L'éolien constituant alors, pour eux, une proposition alternative
au nucléaire.
Il faut observer le bilan de l'Allemagne qui a soutenu un programme
éolien important dans ce but initial :
- Le pays émet une très forte production de gaz
à effet de serre comme nous venons de le voir.
- Le pays achète à la France des droits à
émettre du CO2 (commerce du droit à polluer).
- L'énergie éolienne ne représente au final
que 4% de sa production d'électricité (faible rendement).
- Pour le consommateur, le prix du KW/h est plus élevé
de 50% en Allemagne qu'en France et de 80% au Danemark.
- Le manque d'électricité est compensé par
l'achat d'électricité d'origine nucléaire
produite en France.
- Ces carences obligent le développement de lignes à
très haute tension 400 000 Volts avec des pertes de 5%
(et jusqu'à 20% suivant les conditions climatiques) et
sources d'autres nuisances, pour une meilleur connexion des réseaux.
(la libéralisation des marchés de l'énergie
accentue ces dispositions)
- L'Allemagne conserve malgré tout un ensemble de centrales
nucléaires indispensables à sa consommation et envisage
de reprendre son programme nucléaire.
- Au bout de 10 ou 15 ans, le parc éolien est vétuste
et obsolète, il serait à renouveler.
- Ce programme est dénoncé dans le milieu politique
comme un échec économique, un gouffre budgétaire,
un retard dans la lutte contre le réchauffement climatique.
(il est aujourd'hui officiellement remis en cause)
f) Autres perspectives :
1- Le développement d'autres énergies renouvelables
Exemple dans l'Aveyron: Les trois usines hydroélectriques
de Sarrans, Brommat 1 et 2 produisent l'équivalant de 1500
éoliennes. La simple modernisation de l'usine de Brommat
1 datant des années 1930 équivaut au minimum à
150 éoliennes soit 5 fois le projet du Carladez. Sachant
que l'énergie hydroélectrique produit sur commande
contrairement à l'éolien.
2- Les économies pratiquées par chacun : Une augmentation
de la consommation d'électricité de +2% était
enregistrée chaque année en France. Mais pour 2006,
il y a eut réduction de - 1%. C'est à la baisse
de consommation des entreprises que l'on doit ce résultat
car, dans le même temps, la consommation des ménages
a continuée d'augmenté de + 4% !
(Avant de penser à construire des éoliennes, chacun
peut se poser la question de sa part de responsabilité
dans le gaspillage.)
L'investissement dans les parcs éoliens
est extrêmement coûteux, il absorbe une grande partie
des budgets réservés au développement de
la recherche et des autres solutions énergétiques.
2- IMPACT SUR L'ENVIRONNEMENT ET SUR LA VIE QUOTIDIENNE DES
RIVERAINS :
Nous pouvons exprimer des avis devant l'élégance
et une certaine esthétique de ces grandes formes tournantes
au rythme des vents. Ces machines sont impressionnantes et peuvent
pour un temps encore attirer les curieux ; (tout nouveau tout
beau). Il est vrai que leurs alignements ont quelque chose d'impressionnant,
de grandiose ou d'envoûtant. On peut très légitimement
les trouver belles. Quant au bruit, il peut aussi séduire
le visiteur de passage par cette sorte de souffle, un peu comme
les vagues de la mer (mais avec un rythme un peu trop mécanique).
Nous ne devons pas nous contenter de les visiter " en touriste
" (en car organisé) mais être attentifs à
ceux qui, au quotidien, vivent à proximité. (Moins
de 300m de certaines habitations au lieu des 500m annoncés
lors des études).
Peut-on imposer à autrui notre propre goût et lui
en faire supporter toutes les conséquences, sous prétexte
qu'on les trouve belles ou modernes ? C'est une question de fond.
a) Les éoliennes sont des machines géantes.
- 120m de haut (à Ally), 150 m (à la Fageole), (120
à 160 m prévu en Carladez selon la préfecture
de Rodez).
(Trois fois le clocher de Pierrefort, les pales sont de la longueur
de l'Eglise, les génératrices sont du volume d'un
autobus)
- Les pales atteignant 45m le long, la surface brassée
est de 100m de diamètre, elles s'inscrivent donc dans un
carré de 1 ha.
- Elles mettent moins de 4 secondes à faire le tour, la
circonférence est de 270m, l'extrémité de
la pale tourne à environ 330km/h.
- Chaque socle nécessite 750 tonnes de béton (la
fabrication du ciment est fortement consommatrice d'énergie).
- Ce gigantisme a deux conséquences immédiates :
il bouleverse le cadre de vie et défigure les paysages.
b) Impact sur les personnes :
1- Le bruit, continu et lancinant, avec des variations d'intensité,
envahit toute la campagne et certains villages sont gravement
exposés. Les habitants se plaignent que le double vitrage
n'arrête pas le bruit.
- Souffle au passage des pales devant le pied de l'éolienne,
comme une respiration, dont l'intensité est changeante.
Une impression de " conversation " d'une éolienne
à l'autre toujours en évolution.
- Bruit de " moteur " ou génératrices,
selon le vent, grincements, vrombissements, sifflements comme
une sirène.
- Bourdonnement très grave et sourd, généré
par la vibration du pied de l'éolienne. Emission d'infrasons
jusqu'à 5 ou 10 km (non perceptibles à l'oreille,
impact nocif ?). Ces bruits peuvent être davantage perçus
à distance qu'au pied des machines, ils se perçoivent
différemment selon le positionnement ou la météo.
Les temps de pluie et de brouillards sont particulièrement
redoutés des habitants.
- Un " bon Guide " peut faire en sorte que le visiteur
de passage se figure que les éoliennes ne sont pas bruyantes.
Les nombreux témoignages révèlent fatigues,
insomnies, exaspération, stress, mal de tête
l'exposition prolongée aux éoliennes occasionnent
anxiété, dépressions, acouphènes (dérèglement
du système auditif très pénible qui se met
à résonner de sons entendus uniquement par la personne)
On parle aujourd'hui de syndrome éolien, soit un ensemble
de pathologies développées par les populations vivant
à proximité des éoliennes.
Les volumes sonores se calculent en décibels. Or le bruit
généré par les éoliennes et mesuré
auprès des habitations est fréquemment inférieur
aux normes couramment admises quant à la nocivité
des bruits. Mais ce qui n'est pas analysé, est précisément
l'impact du bruit en fonction de sa nature sur la santé
et le psychisme des personnes. (Changement d'intensité,
rythmes, basses fréquences, bruit en relation avec l'espace
visuel, etc.)
L'impact des éoliennes sur les personnes n'est absolument
pas subjectif, comme on ose parfois le prétendre, mais
il représente une nuisance très particulière
et encore insuffisamment étudiée. Les témoignages
venant de toutes parts devraient alerter l'opinion publique et
les instances responsables politiques ou sanitaires.
2- Lumières clignotant jour et nuit au sommet des éoliennes.
Ce phénomène, à priori moins gênant,
rappelle jour et nuit l'omniprésence des machines (habitations
dans la trajectoire, éblouissement en voiture à
certains passages).
3- Effet stroboscopique (l'effet des pales qui passent devant
le soleil). Une éolienne ne fait pas d'ombre, lorsque le
soleil passe derrière les pales, il y a un " soleil
clignotant ". Certaines habitations sont très exposées
à ce phénomène particulièrement pénible
(proximité des éoliennes à 500 m, voir 300
; Hauteur 150m, auquel il faut ajouter la hauteur de la colline
d'implantation ; surface balayée, 1 hectare).
4- Les éoliennes ne sont pas un élément fixe
du paysage tel un viaduc, un immeuble, un pylône, une antenne.
(Il n'y a pas de comparaison possible avec l'exceptionnel viaduc
de Millau) Elles sont en perpétuel mouvement et captent
en permanence l'attention des riverains. Leur dimension démesurée,
c'est-à-dire hors de la mesure humaine pour des implantations
en milieu habité, donne une impression d'écrasement,
une atmosphère oppressante, sorte de robots géants
ayant fait irruption dans le quotidien familier. On ne se sent
plus chez soi, les éoliennes deviennent obsédantes.
Il faut être très attentif à cet impact sur
le psychisme des personnes.
5- Les éoliennes sont réellement dangereuses : chutes
d'éoliennes, chutes de pales, incendies de génératrices,
notamment dus à la foudre
Avec le développement
des éoliennes en France, l'actualité commence à
s'en faire l'écho. D'autre pays ne se font plus d'illusion
sur ces machines prétendues propres et écologiques,
d'où un rejet massif des populations (au Danemark, pour
l'année 2006 seulement 6 éoliennes ont pu être
construites).
6- Projections de glace : à Ally, à 1000m d'altitude,
hiver 2005-06, des voitures ont reçu des projections, une
stalactite de plus de 60kg a été trouvée
au bord de la route départementale. Une zone de sécurité
d'un rayon de 300m a été établie autour de
chaque éolienne soit 27 hectares. Pour 26 machines, 800
hectares interdits. Or des habitations sont situées à
moins de 300m ! Les panneaux définitifs indiquent un périmètre
de sécurité de 200m, mais les routes empruntées
par les riverains passent à 40 ou 50 m au pied des éoliennes.
(Des projections ont été observées à
plus de 400m).
Après un seul hiver de fonctionnement, les éoliennes
ont fait l'objet d'importants travaux de réparation. 18
pales ont été changées (7 tonnes chacune)
soit 6 éoliennes sur 26. Que s'est-il passé ? Il
est légitime de se poser des questions.
On comprend la multiplication des associations d'opposants aux
éoliennes (30 en 2003, plus de 361 en 2OO7).
Le 14 mars 2006, l'Académie Nationale de Médecine
de Paris a alerté les pouvoirs publics sur les nuisances
très particulières générées
par les éoliennes (que toute implantation d'éolienne
soit considérées comme installation industrielle
et donc soumise à une réglementation adaptée,
qu'une distance d'au moins 1,5 km soit respectée autour
des habitations).
c) Autres nuisances :
- Influence sur le comportement des troupeaux souvent observée
par les agriculteurs. (bêtes nerveuses, chevaux apeurés)
- Impact sur la faune sauvage et les gibiers (fuite de certaines
espèces).
- Des oiseaux sont tués, hachés dans les pales (en
particulier rapaces, espèces protégées, migrateurs)
et chauves souris.
- Impact des importants travaux d'aménagement sur le milieu
naturel, notamment dans les sites d'altitude ou préservés.
- Apport en altitude de matériel à composantes toxiques,
risque de pollution des sources, détournement de sources.
- Les ondes hertziennes peuvent être perturbées.
(il peut ne plus être possible de recevoir FR3 régional).
Les études d'impact sur l'environnement jointes aux demandes
de permis de construire, consultables lors des enquêtes
publiques sont réalisées par des cabinets d'études
dépendant des promoteurs d'éoliennes. Leur objectivité
est illusoire.
3- MONTAGE FINANCIER :
La décision politique ayant été prise de
développer l'éolien sur le territoire français,
un montage financier très incitatif a été
mis en place. Il repose sur certains principes :
1. Le prix du KW/h éolien est acheté 3fois plus
cher par EDF que ceux de l'hydraulique et du nucléaire.
2. EDF est tenu d'acheter cette électricité très
onéreuse même si elle n'en a pas besoin.
3. Pour payer cette facture inutile, EDF doit reporter cette charge
sur chacun des 36 millions d'abonnés ou clients.
4. Sur toutes nos factures EDF, nous trouvons la rubrique CSPE
: Contribution au Service Public d'Electricité. Cette "
Taxe " est en principe affectée au développement
des énergies renouvelables. Or le programme éolien
ponctionne la plus importante partie de cette contribution pour
des investissements très coûteux et peu rentables
comme nous venons de le voir et surtout la rétribution
exagérée des sociétés d'éoliennes.
Autant de retard pris sur la recherche des énergies d'avenir
et la lutte contre le réchauffement climatique. Chacun
peut ainsi calculer sa contribution au programme éolien.
(taxe de 0% en 2002, 4% en 2006, appelée à croître
en proportion du parc éolien)
5. Pour honorer les engagements, si le programme éolien
se poursuit à la rapidité actuelle, cette contribution
atteindra, selon les estimations, 1 milliard d'euros pour l'année
2010. Nous voyons se profiler un scandale politico financier de
grande ampleur ; certes il y a eu des précédents.
Les éoliennes ne brassent pas que du vent.
6. Les sociétés fabricantes d'éoliennes,
toutes étrangères, (allemandes, danoises, canadiennes),
sont incitées à réaliser un maximum de projets
sur le territoire français car l'avenir de l'éolien
est de plus en plus remis en cause dans les autres pays. De plus
dans les conditions économiques garanties actuellement
par l'état, la rentabilité des investissements atteint
plus de 20% après impôt. Des promoteurs et opérateurs
apparaissent de toute part. Nous assistons à une sorte
de nouvelle ruée vers l'or.
7. Les sommes d'argent mises en jeu sont si considérables
que nous pouvons craindre qu'elles n'engendrent des pratiques
malhonnêtes (Ainsi est faite l'humanité). Il faut
demeurer vigilant.
8. La France étant exportatrice d'électricité,
vend son supplément de production éolien à
l'Espagne ou à l'Allemagne (11% de sa production). Or cette
électricité produite à un coût très
élevé (facturée aux abonnés français
par la CSPE) est revendue à bas prix à nos voisins
européens.
9. La Commission de Régulation de l'Electricité,
organisme d'état, a dénoncé à plusieurs
reprises ces dérives mais sans être entendue.
4- MISE EN PLACE DES PROJETS :
Etre Maire d'une commune rurale est une tâche souvent ingrate,
on souhaite beaucoup de bien pour sa commune mais on bute toujours
sur un budget trop réduit. Après avoir réglé
les charges incompressibles de fonctionnement, puis les réparations
urgentes dont on se serait bien passés, viennent les contraintes
de toute sortes, de réglementations nouvelles ou tatillonnes
(pas toujours européennes). Lié de toute parts,
il devient difficile de travailler pour l'avenir et de réaliser
les projets désirés. Les administrés, parfois
exigeants, s'impatientent
Et les subventions diminuent plus
vite encore que la population
comment trouver l'argent ?
Les ressources des agriculteurs aussi ne sont pas toujours proportionnelles
au travail accompli, et les retraites sont souvent faibles. "
Si mes terres pouvaient rapporter davantage, pourquoi m'en priver
? Et surtout sans fatigue ! ", Cela n'est-il pas légitime
?
Les promoteurs l'ont bien compris et envoient leurs agents marketing
au langage bien rodé pour mettre en confiance, convaincre,
et faire signer des contrats.
a) les avantages :
Pour un particulier, la location est de 2 à 5000 euros
par an et par éolienne. La tentation est grande, même
si le voisin partagera aussi les nuisances, c'est le principe
du chacun pour soi. Cela explique probablement la loi du silence
qui accompagne l'élaboration des projets (on n'ose pas
en parler à son voisin). Dans le même temps, selon
les estimations, le promoteur peut faire 40 000 euros de bénéfice
(et davantage) par éolienne sur ce même terrain loué
5000 (2200 à Ally).
Pour une commune, un parc de 20 éoliennes peut représente
une taxe professionnelle de 200 000 euros par an (doublement du
budget communal). C'est un dilemme car accepter, comme refuser,
est une responsabilité lourde de conséquences. (Dans
le même temps, les sociétés peuvent faire
un bénéfice évalué entre 500 000 et
1 million d'euros selon les estimations et les situations). Cette
perspective lucrative permet de comprendre :
- la prévenance des agents commerciaux visitant, communes
après communes, toutes les municipalités, et le
fait que les projets se mettent en place dans la plus grande discrétion.
- que les opposants ne soient jamais les bienvenus, et souvent
dénigrés. (On parle d'agités, d'écolos,
d'égoïstes, de passéistes ou encore que leurs
comportements sont passionnels, irrationnels ou irréalistes)
- que les vraies questions (évoquées dans cet essai)
soient presque toujours éludées.
b) les inconvénients :
- Baisse considérable de la valeur de l'immobilier (impossibilité
de vendre sa maison pour celui qui veut partir ailleurs)
- Les gîtes ruraux ou chambres d'hôtes sont désertés.
Les estivants habitués écourtent leurs séjours.
Illusion de croire que les touristes viendront longtemps encore
voir ces machines industrielles étant donné la multiplication
des réalisations. L'attrait de la nouveauté n'aura
qu'un temps, les zones concernées seront désertées.
- Des habitants envisagent de partir : Les jeunes qui ne sont
pas retenus par le travail agricole n'envisagent pas leur avenir
dans de pareilles conditions. Il faut craindre une désertification
amplifiée des communes rurales.
- Les éoliennes ne créent aucun emploi durable sur
place.
- Une profonde injustice entre ceux qui bénéficient
de loyers importants (ceux aussi qui reçoivent un loyer
dérisoire, comme à Ally) et des voisins dont le
point de vue n'a pas été écouté, mais
qui subissent toutes les nuisances permanentes sans compensations.
Nous voyons naître de très graves conflits dans nos
communautés villageoises.
Une injustice entre les communes est aussi à considérer.
- La taxe professionnelle (aléatoire) perçue par
les communes pourra-t-elle compenser les nuisances infligées
? Quels projets et aménagements compenseront la perte de
qualité de vie, les haines de voisinage, les menaces pour
la santé, et la prévention des dangers ?
c) les doutes qui subsistent, le démantèlement :
Si l'éolien était une énergie d'avenir, parlerai-t-on
de démantèlement ?
- Or nous savons que leur vieillissement est rapide (10 à
15 ans, probablement moins en montagne). Qui prendra en charge
le démantèlement ? (Début de friches industrielles
en Allemagne, dans l'Aude, éoliennes hors d'usage, gisant
au sol à Dunkerque). En principe les sociétés
exploitantes s'y engagent lors de la signature des contrats. Mais
généralement les coûts d'élimination
de ces déchets industriels sont très supérieurs
aux coûts estimés lors de la signature.
- Qu'en sera-t-il lorsque par décret, les conditions financières
auront changé et que la gestion des parcs deviendra moins
rentable dans 5, 10 ou 15 ans ? (Déjà l'Allemagne
et la Norvège viennent de mettre un coût de frein
au subventionnement de l'éolien). Les sociétés
gestionnaires seront-elles toujours présentes pour assurer
cette besogne non lucrative ? Une analyse raisonnable laisse penser
le contraire. La nature de ces sociétés, leurs imbrications,
les motivations des personnes qui les dirigent, sont de nature
à éveiller la prudence.
- A qui reviendra la charge du démantèlement et
du traitement des déchets ? (209 tonnes l'éolienne
à Ally sans parler du socle en béton). Lorsqu'il
n'y a plus de locataire, c'est au propriétaire que revient
la charge. Il est à craindre que tous les loyers cumulés
et la vente de la propriété n'y suffisent pas. Ces
machines vétustes et abandonnées seront un danger
permanent. Quelle assurance voudra en prendre le risque ? Quel
héritage pour les enfants et la génération
à venir ? Déjà la désillusion se fait
jour là où les éoliennes sont installées
et dès que l'ardeur inhérente au montage du projet
est retombée, on peut recueillir des témoignages
exprimant le doute et l'angoisse.
- En cas de litige, qui sera responsable pénalement, le
propriétaire foncier ou son locataire ? En cas de plainte,
d'accident, de nuisances, comment seront traitées les affaires
? Y aura-t-il des solutions amiables dès lors que les installations
ont été réalisées dans le conflit
? On a tout intérêt à poser les questions
désagréables avant les décisions définitives.
(Les propriétaires s'engagent tôt ou tard dans de
véritables nuds juridiques : la FNSEA a élaboré
un document à cet effet)
INDIGNATION - CONCLUSION: Je crois que les promoteurs d'éoliennes
considèrent les habitants de nos régions, maires
en tête et paysans, comme des " indiens " dans
leur réserves, dociles ou naïfs, qu'on peut acheter
avec assez peu d'euros pour développer son business. Ne
sont-ils pas prêts à " parquer " les populations
de nos villages à l'ombre de machines, en les exposant
à des nuisances qu'ils ne voudraient pas pour eux même
? Ne considèrent-on pas trop facilement nos campagnes comme
des déserts, en oubliant qu'elles sont partout habitées
par des personnes dont on se demande si elles ne sont pas encore
de trop ? N'est-on pas en train de s'emparer de leurs vastes espaces
? Je crois que sans oublier l'atteinte à nos plus beaux
paysages de France, le sujet constitue un drame sanitaire et social
pour des populations rurales dont on tire profit de leur faiblesse
économique, (en même temps qu'une imposture écologique).
Je crois que nous sommes face à une situation grave et
sans précédent, qui nous prend tous par surprise,
mais qu'une conscience citoyenne, (et même de l'objection
de conscience) se lève de toute parts et à tous
les niveaux de la société pour dénoncer cette
dérive.
Aujourd'hui les implantations d'éoliennes sont assez nombreuses
pour permettre à chacun de mesurer l'importance de leurs
nuisances et en toute objectivité. Les témoins sont
nombreux et l'information ne manque pas. Il est temps que chacun
ouvre les yeux et prenne ses responsabilités. Demain, on
cherchera les coupables.
J'estime que ne rien dire, c'est consentir.
Prétendre rester neutre, c'est prendre le parti du plus
fort.
La réflexion ne peut que susciter la liberté. M.
l'Abbé Henri-Dominique Roze L'histoire jugera, mais ne
sera-t-il pas trop tard ? 15230 Pierrefort