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Eolien: un bilan en demi-teinte20/11/2006
14:15Malgré une forte progression des mises en service, l'an
passé, l'éolien reste et restera marginal dans la
production d'électricité française
Journal de l'Environnement
De l'aveu même de l'Agence de l'environnement
et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), la France n'atteindra
pas son objectif de 2010. De nombreuses causes expliquent cet échec.
Exemple choisi. Le cinquième colloque national éolien,
qui se déroule à Amiens jusqu'au 18 novembre, devait
être celui des bonnes nouvelles. Cela a été
vrai, en partie. Dans l'auditorium de la Mégacité
d'Amiens, la présidente de l'Ademe a confirmé, jeudi
matin, un nouveau décollage de l'éolien français.
"On était à 1.337 mégawatts (MW) fin octobre
et on terminera 2006 à 1.500 MW. Cela fait deux ans de suite
qu'on double" la puissance installée du parc français,
composé actuellement d'un millier d'éoliennes, a-t-elle
souligné.Certes, mais le poids d'Eole dans la production
électrique française est marginal. L'an passé,
les aérogénérateurs ont produit un peu plus
de 1 térawattheure (TWh), soit 0,22% de la consommation
intérieure de courant. Et même dans la catégorie
des énergies renouvelables (ENR), le boxeur du vent reste
un poids mouche: il pèse à peine 1,9% des électrons
produits par les barrages français. Le problème,
c'est que cette situation ne devrait pas grandement s'améliorer.
Ce n'est pas une surprise, mais la France ne tiendra pas son objectif
de 10.000 MW pour 2010. La nouveauté réside seulement
dans l'acceptation de cet échec par les pouvoirs publics.
"On arrivera à 10.000 MW après 2010", espère
la présidente de l'Ademe.Pour l'horizon 2010, ce sera plutôt
"entre 5.000 et 7.000MW", avance-t-elle. A quelles
causes imputer un tel ratage? A l'évidence, celles-ci
sont nombreuses. L'opposition de riverains ou d'associations spécialisées
dans le contentieux éolien, la pusillanimité de certains
industriels français, le manque de célérité
dans le traitement des dossiers par certains services déconcentrés
de l'Etat, une hostilité à peine voilée de
certains acteurs majeurs du marché hexagonal de l'électricité.
Certes, tous ces éléments existent, mais cela reste
insuffisant.Faut-il alors montrer du doigt certains niveaux élevés
de l'administration? Pas impossible. Un seul exemple: le très
gros projet de parc offshore dit des "Deux côtes".
En marge du colloque éolien, le président de la Compagnie
du vent n'a pas caché son désarroi face au manque
de considération administrative dont "bénéficie"
son projet de parc offshore. Jean-Michel Germa, dont l'entreprise
vient de déposer sa demande d'occupation du domaine maritime,
prévoit de mettre en service, à l'horizon 2012, 156
turbines de 4,5 MW chacune. "C'est un investissement de 1,4
milliard d'euros, qui va créer 2.000 postes localement pendant
trois ans, et personne au sein des administrations ne semble s'y
intéresser vraiment", déplore Jean-Michel Germa.
"Nous avons demandé à voir les ministres en charge
de l'équipement, de l'environnement et de l'industrie, les
préfets de la Somme et de la Seine-maritime et personne ne
veut nous recevoir."
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