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BAIE-DES-SABLES Inauguration mouvementé d'un parc
éolien Carl Thériault
Le Soleil Collaboration spéciale
Il y avait hier de lélectricité dans lair et...
sur terre à Baie-des-Sables. Une quarantaine de manifestants dÉole
Prudence et de Vigilance éolienne, surveillés par deux voitures
de patrouille de la Sûreté du Québec, ont accueilli
les dignitaires et les médias au centre de loisirs de Baie-des-Sables
au retour dune visite du parc de 73 éoliennes.
Des manifestants ont voulu sintroduire dans le centre de loisirs
« pour aller aux toilettes » mais en ont été
empêchés de crainte que les allocutions ne se transforment
en débat parlementaire.
Des gros mots
« Vous ne payez personne ici. Vous faites la passe et vous partez
avec la caisse. Le gouvernement a placé le monde à votre
merci », a lancé Roméo Bouchard, ex-président
de la Coalition paysanne, à Gilles Lefrançois, président
du conseil dadministration de Cartier Énergie éolienne,
qui lui a répondu « quil simaginait des choses
et que le gouvernement choisissait les projets qui coûtaient les
moins chers. Si, demain matin, les redevances augmentaient, largent
ne sortira pas de notre poche. Cest le prix de lélectricité
qui va augmenter, ce qui est une décision politique pour en laisser
plus en régions. Les agriculteurs sont satisfaits. »,
Alimentation
Le réseau de distribution dHydro-Québec est officiellement
alimenté depuis hier par le premier des six parcs éoliens
de Cartier Énergie éolienne à Baie-des-Sables, près
de Matane, qui deviendra dici 2012 le plus important producteur
dénergie éolienne au Québec.
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C'est finalement le ministre des Ressources naturelles, Pierre Corbeil,
qui a inauguré vendredi matin, le premier des neuf parcs éoliens
érigés dans la cadre de l'appel d'offres de 1000 mégawatts
lancé par Hydro-Québec en 2003.
Cérémonie d'inauguration du parc éolien de Baie-des-Sables
Le premier ministre Jean Charest, qui devait assister à la cérémonie,
s'est désisté à la dernière minute. Il n'a
pas justifié sa décision. Toutefois, la présence
de manifestants lors de l'inauguration du parc éolien pourrait
être une des causes de son absence.
Le groupe Éole prudence a en effet profité de l'inauguration
du parc éolien pour manifester son opposition à la façon
dont se développe la filière éolienne au Québec.
Le ministre Pierre Corbeil a refusé de s'adresser aux manifestants.
Toutefois, sa conférence de presse a dû être retardée.
Avec des slogans comme « maîtres chez nous » et «
on ne donnera pas nos terres », la cinquantaine de manifestants
est venue gâcher l'inauguration de ce qui constitue pour Québec
la première concrétisation des grands chantiers éoliens
de la Gaspésie.
Les manifestants, qui qualifient le développement de la filière
éolienne de précipité, réclament un moratoire
sur les projets éoliens afin d'organiser une vaste consultation
sur le sujet. Ils s'interrogent sur l'importance des retombées
régionales de tels projets et jugent insuffisantes les redevances
versées aux propriétaires terriens où sont installées
les éoliennes.
Le président du conseil d'administration de Cartier Energy, Gilles
Lefrançois, a discuté avec les manifestants pour leur expliquer
que le prix payé par Hydro-Québec ne permettait pas d'augmenter
les redevances versées aux agriculteurs et aux municipalités.
Un développement critiqué
Le développement éolien dans l'Est du Québec
suscite de plus en plus de craintes parmi certains résidents qui
s'inquiètent de l'impact des éoliennes sur la santé
et le paysage.
D'autre part, une série de reportages diffusés récemment
par Radio-Canada a soulevé la controverse sur l'impartialité
des élus municipaux propriétaires de terrains où
des éoliennes doivent s'ériger.
D'autres reportages ont mis de l'avant un écart de plusieurs milliers
de dollars par année entre les redevances versées notamment
aux propriétaires ontariens et celles négociées par
les agriculteurs de l'Est du Québec.
Le parc de Baie-des-Sables est le premier de sept parcs que Cartier Energie
doit construire en Gaspésie d'ici 2012.
Les éoliennes de 1,5 mégawatt, installées à
Baie-des-Sables, rapportent chacune de 2500 $ à 3000 $ par année
aux agriculteurs, ce qui correspond approximativement à 1 % des
revenus anticipés par Cartier. Ailleurs au Québec, certains
agriculteurs, qui ont signé des ententes dans le cadre du prochain
appel d'offres de 2000 mégawatts, recevront parfois quatre fois
plus.
Le promoteur a signé une entente de 20 ans avec les municipalités
de Baie-des-Sables et de Métis-sur-Mer. L'entente prévoit
le versement total de plus de 2,8 millions de dollars aux deux municipalités.
Baie-des-Sables recevra la majeure partie de cette somme, soit 116 000
$ par année ou un peu moins de 2000 $ par éolienne.
Cartier Énergy, qui a investi 170 millions dans la construction
du parc, vendra son énergie 6,5 ¢ le kilowatt-heure à
Hydro-Québec.
La construction du parc a procuré une centaine d'emplois. Une dizaine
seront nécessaires pour son entretien.
Neuf parcs éolien d'ici 2012
Cartier Énergie installera en Gaspésie 740 des 990 mégawatts
achetés par Hydro-Québec. Après le parc de Baie-des-Sables,
suivront les parcs de L'Anse-à-Valleau, reporté en 2007,
et celui de Carleton, prévu pour 2007.Le promoteur a aussi entrepris
les négociations pour son parc de 150 mégawatts qui s'élevera
à Les Méchins en 2009. D'ici 2011, l'entreprise construira
le parc de Montagne sèche, près de L'Anse-à-Valleau,
et les deux parcs de Gros-Morne.Cartier Wind Energy est détenue
à 50 % par TransCanada Corporation, une entreprise privée
de l'Alberta.Le reste du capital est partagé avec le fonds de placement
Innergex qui détient 30 % des parts et une filiale canadienne de
RES USA, Renewable Energy Systems Canada. Cette entreprise, qui détient
une expertise dans le domaine éolien, possède 20 % des actions
de Cartier Energy.Hormis Cartier Energy, l'autre grand gagnant du premier
appel d'offres d'HYdro-Québec pour l'achat d'énergie éolienne
est Northland Power. L'entreprise torontoise doit construire deux parcs
éoliens, un à Saint-Ulric et Saint-Léandre et l'autre
à Mont-Louis.Pierre Duchesne fait le récit des événements.
La journaliste Sylvie Aubut a assisté à l'inauguration du
parc de Baie-des-Sables
Claude Fortin s'entretient avec le ministre des Ressources naturelles,
Pierre Corbeil, sur la controverse soulevée par le développement
éolien
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