-- Opposés
à trois projets d'éoliennes, les membres
de Vent de Colère accentuent la mobilisation

Les projets éoliens suscitent toujours autant
de débats passionnés
PHOTO ARMAND BERTHOME
Incontestablement, les opposants aux éoliennes
industrielles marquent des points. Réunis à
Marsais, vendredi soir, ils étaient venus nombreux
assister à la réunion à l'initiative
de Vent de Colère. Parmi l'assistance, des
élus des communes concernées mais aussi
les maires ou leur représentant de Saint-Crépin,
Saint-Mard, Saint-Laurent-de-la-Prée, ainsi
que Dominique Rabelle (suppléante du député
Jean-Louis Léonard) et deux représentants
des porteurs de projet. Pour commencer la réunion,
un bref rappel d'arguments justifiant la position
des opposants à l'éolien industriel,
avant de passer au concret, avec l'examen des projets
en cours dans le secteur. Pas moins de vingt-et-une
éoliennes au total sont prévues entre
Marsais (huit machines), Migré, Doeuil-sur-le-Mignon
et Saint-Félix (sept) et enfin un troisième
projet à l'ouest de Marsais (six). Autant dire
que l'association Vent de Colère avait du grain
à moudre et ne s'en est pas privée en
présentant ce que pourrait être l'environnement
des habitants (montage photos à l'appui avec
les distances séparant chaque machine des habitations)
si les projets allaient à terme. « Une
véritable forêt d'éoliennes, selon
certains, un vrai mitage du département »,
selon Michel Broncard, responsable de Vent de Colère
17.
Il ne restait plus qu'à passer la parole à
la salle. Il a fallu bien du courage à Didier
Gatineau, le maire de Marsais, pour se lancer dans
la défense des éoliennes face à
une salle presque entièrement hostile.
Pas d'ambiguïté. Le débat fut passionné,
comme à l'habitude, mais force est de constater
que les anti-éoliens marquent des points. Tout
d'abord sur l'expérience de Saint-Crépin,
véritable laboratoire. A ce sujet, le témoignage
d'habitants des hameaux environnants ne laissait pas
d'ambiguïté quant aux nuisances sonores,
et aux effets sur la santé pouvant en découler
(dixit les recommandations de l'Académie de
médecine). « Il faut faire le choix entre
la santé des habitants et l'argent »,
s'exclama un intervenant. Et Didier Gatineau de répliquer
: « S'il s'avérait qu'une partie de la
population devait souffrir de nuisances, je serais
opposé au projet ». Ce qui ne tomba pas
dans l'oreille d'un sourd à l'image de l'intervention
d'un magistrat parisien résident partiellement
dans le secteur, « si besoin en est, je porte
plainte pour mise en danger de la vie d'autrui ».
Les opposants au projet ont également trouvé
du soutien auprès de Dominique Rabelle, suppléante
du député Jean-Louis Léonard
(UMP) qui, interrogée par Michel Broncard sur
les positions du député, précisa
que « le projet éolien n'est pas une
bonne chose pour le département pour trois
raisons, tout d'abord en raison de la zone touristique
qui est la nôtre, ensuite l'éolien n'est
pas une nécessité sur le territoire
et enfin le prix d'achat de l'électricité
produit est prohibitif. » Ajouté à
cela la question du député au ministre
sur la dévalorisation immobilière lié
aux éoliennes, et les anti-éoliens ont
renforcé leur audience et les effets qui en
découlent. Ils appellent donc la population
à s'exprimer lors des différentes enquêtes
publiques en cours ou à venir.