EOLIENNES.
-- L'association Vent de colère manifestait
hier contre le parc qui devrait ouvrir
à Bernay-Saint-Martin
«
Une imposture » : Kharinne Charov
Réunis pour dire non à l'éolien
industriel et à l'argument « soi-disant
écologique »
PHOTO KC
Ils l'avaient dit, ils l'ont fait ! Après avoir
vigoureusement protesté contre le parc des
six éoliennes de Saint-Crépin, les anti-éoliennes
ont constitué hier à Saint-Félix
un nouveau front contre le parc de huit machines qui
devrait voir le jour en mars à Bernay-Saint-Martin.
L'association Vent de colère en pays d'Aunis
et pays de vals de Saintonge, présidée
par Michel Broncard, n'a pas l'intention de s'avouer
vaincue.
Au contraire ! D'autant qu'actuellement 200 projets
sont en cours en Poitou-Charentes avec la bénédiction
de la présidente de Région. Du coup,
l'association veut continuer d'informer et d'alerter
l'opinion sur l'éolien industriel qu'elle juge
comme une poudre aux yeux : « L'éolien
ne tourne qu'à 20 % du temps. Le reste du temps,
on ne va pas demander aux usagers de ne plus avoir
recours à l'électricité. Donc
ce sont les centrales thermiques qui prennent le relais
et elles produisent des gaz à effet de serre.
Du coup, l'argument soi-disant écologique de
l'éolien tombe à l'eau », martèle
Michel Broncard.
Toujours les mêmes nuisances. Voilà pourquoi
les anti-éoliennes attendaient hier un convoi
exceptionnel des premiers éléments qui
iront équiper les installations de Bernay.
Pendant vingt minutes, ils ont bloqué trois
camions qui transportaient les pales. « Actuellement,
en Charente-Maritime, neuf projets sont soumis à
enquête publique, ce qui représentent
quelque 70 éoliennes. Tous concernent l'Aunis,
à Saint-Félix, Migré ou Marsais
par exemple, jamais le littoral », s'insurgent
ceux qui pensent que si la côte est préservée
pour le tourisme, première source de revenus
du département, l'arrière-pays est sacrifié.
Pour les anti qui attendaient de pied ferme sur le
bord de la route à Saint-Félix hier,
il s'agit d'une « imposture écologique.
Toujours trop près des habitations 500 mètres
en France quand les Anglo-Saxons prévoient
3 kilomètres , l'éolien industriel fait
subir aux riverains des nuisances visuelles et sonores,
une baisse importante des valeurs immobilières,
sans compter les perturbations pour la faune et le
saccage du patrimoine paysager et historique. »
Pourtant, la petite cinquantaine de manifestants d'hier
ne prône pas le tout nucléaire ou thermique.
« Nous sommes pour la production de chaleur
par biomasse ou géothermie, pour les biocarburants
et pour le solaire. Pour nous, c'est dans cette voie
que se situe l'avenir. Car il est utopique de croire
que l'éolien peut prendre le relais total du
nucléaire. D'autant que, pour remplacer le
parc nucléaire français, il faudrait
200 000 éoliennes », avance Hervé
Texier, vice-président de la Fédération
environnement durable, présent hier.
Lobby et spéculateurs. Et les manifestants
de Saint-Félix de dénoncer le lobby
financier des constructeurs d'éolien, essentiellement
danois, espagnols et allemands. Sans oublier les spéculateurs
puisque l'électricité éolienne
est vendue trois fois plus cher que l'électricité
nucléaire, en guise de coup de pouce. Tout
en sachant que l'éolien industriel ne crée
pas d'emploi. « Pour l'heure, à nos yeux,
le nucléaire est hypersécurisé.
Mais le grand danger viendra dès juillet 2007,
date à laquelle n'importe qui pourra racheter
de l'électricité à EDF. Alors,
la rentabilité primera sur la sécurité
», poursuit Hervé Texier.
Même si hier certains riverains étaient
venus pour défendre l'éolien industriel
en pensant, comme ce père de deux enfants,
que « ça va dans le sens de l'avenir
», la plupart des manifestants déclaraient
« Ici, ce n'est pas une usine ! » ou «
L'éolien coûte cher pour produire peu
d'électricité. »
Vent de colère : 06.23.80.71.93.