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Publié le 28/09/2007 16:41 | J.-M.G.
Barre: les éoliennes un an après
A l'heure de l'inauguration du premier site
éolien tarnais dans les monts de Lacaune, coup de projecteur
sur un territoire qui doute.
Lundi soir, la société Valeco inaugurera très
officiellement le premier site éolien tarnais situé
sur la commune de Barre, dans les monts de Lacaune. Jusqu'à
la dernière minute, cette PME montpelliéraine aura
dû faire face aux ultimes réglages de son parc et non
des moindres puisque la semaine dernière encore, elle a dû
remplacer la génératrice de l'une des éoliennes
qu'elle a installées sur des terrains privés. C'est
ici en effet, sur cette commune perdue au bout des montagnes lacaunaises,
aux confins de l'Hérault et de l'Aveyron, que les premières
éoliennes du Tarn sont apparues il y a un an environ. Une
« ferme » comme on dit, formée de 12 mâts,
vient trancher le ciel des environs de Cambert, une zone agricole
et d'élevage.
L'entreprise Valeco est satisfaite et les rendements de production
électrique sont supérieurs à ceux escomptés
même si son dirigeant Erick Gay reconnaît que «
la situation de Barre est plus tendue qu'au Margnès par exemple
».
Les habitants de Barre, les Barrois, seraient ainsi confrontés
à ce que l'entreprise appelle « le temps d'adaptation
» ou autrement dit la phase d'acceptation de l'installation.
Et pourtant, le doute qui s'est emparé du pays semble plus
profond. Lors d'un récent conseil municipal de Barre, le
projet de zone de développement éolien (ZDE) initié
par la communauté de communes des Monts de Lacaune n'a été
voté qu'à une voix près ! Cette ZDE délimite
les implantations futures sur le territoire, dont une vingtaine
de mâts à proximité de Barre, sous réserve
bien sûr qu'elle soit validée par le préfet.
Gaby Roulenq boucle son quatrième mandat de maire de Barre
et ne veut surtout pas faire de grands discours. Il ferait même
une sorte de mea culpa : « Elles sont devenues pour moi les
éoliennes de la discorde. J'ai le sentiment d'avoir été
berné et je regrette le résultat ». Pourtant,
à sa genèse, le projet de Cambert et Cap Redounde
avait fait l'unanimité de son conseil. Mais aujourd'hui,
Gaby Roulenq a le sentiment que les moulins à vent ont divisé
ses administrés. Il y a les pour. Mais il y a aussi les contre.
Il y a ceux qui louent leurs champs à Valeco et ceux qui
voudraient bien louer quelques arpents de terre aux éventuels
porteurs de projets. Bref, le pays est tiraillé.
De fait, la commune de Barre ne perçoit aucun revenu direct
de la part de l'exploitant. Les loyers sont versés à
des privés. Et c'est la communauté de communes des
Monts de Lacaune qui percevra la taxe professionnelle versée
par l'entreprise : « Bien sûr, la communauté
de communes a financé quelques réalisations sur notre
village, ajoute Gaby Roulenq. Mais nous avons face à nous
des dépenses énormes à engager pour mettre
en conformité l'alimentation en eau potable et l'assainissement
par exemple. Je ne vois pas comment notre commune peut vraiment
bénéficier de l'arrivée de l'éolien
».
Erick Gay, le patron de Valeco, concède : « L'éolien,
ce n'est pas le pays de Cocagne. C'est une opportunité. Et
il n'y en aura pas partout ni pour tout le monde. Bien sûr,
nous préférons les projets qui s'implantent sur des
terrains communaux. Cela crée moins de tension et de jalousie
et cela profite à la collectivité. Mais ce n'est pas
toujours possible. Et puis, si à Barre ou ailleurs, nous
nous sommes trompés, c'est réversible. Dans 15 ans,
on peut toujours démonter l'installation ».
Les éoliennes sont arrivées sur
le Tarn. Et les doutes aussi.
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«Je voudrais que notre terre ouvre les yeux»
A Ceren, superbe hameau presque limitrophe entre Barre et Murat,
Bernadette Pons, agricultrice retraitée, est restée
très réticente aux projets éoliens depuis la
première heure : « Sur le fond, nous ne sommes pas
contre les énergies renouvelables. Mais certainement pas
comme on l'a fait ici à Barre ! On a négligé
les études du projet et on ne sait toujours pas combien tout
cela a réellement coûté. On a agi sans recul.
J'ai l'impression que tout le monde a été trop enthousiaste
au départ sans savoir réellement ce qui allait se
passer ».
Bernadette défend son territoire bec et ongles. Elle gère
un gîte rural réputé et s'est engagée
de longue date au sein de différentes associations liées
à l'histoire locale.
Elle constate : « Le pire je crois, c'est qu'on a divisé
tout le monde avec ces histoires d'éoliennes. On a divisé
les élus, divisé les amis et même certaines
familles. Il y a ceux qui profitent de l'argent des éoliennes
et les autres qui n'en ont que les inconvénients ».
Côté nuisances, le bruit des « ventilateurs
» est certainement la gêne le plus souvent soulignée
par les riverains avant l'impact visuel. Même si force est
de constater que dans ce coin reculé des monts de Lacaune,
aucune association ou groupement d'opposants ne s'est jamais manifesté
publiquement.
Pourtant, ce qui inquiète fortement Bernadette, c'est aussi
ce projet en cours d'instruction sur le secteur de la Terre Sainte,
à cheval entre les communes de Barre et Murat. Un parc de
21 mâts est à l'étude sur des terrains privés
: « Nos anciens nous ont donné la terre pour qu'on
la travaille, pas pour qu'on la bétonne. Cette partie de
la commune, on l'appelait la Terre Sainte car terre fertile, terre
bénite et riche en objets archéologiques et autres
statues menhirs à préserver. Je voudrais que la Terre
Sainte ait un sursaut et que ses habitants ouvrent les yeux. On
peut faire autre chose pour valoriser notre montagne plutôt
que d'y mettre des ailes qui battent dans le vide ».
Dans le pays, tout le monde connaît l'avis de Bernadette
et son plaidoyer pour le patrimoine des monts de Lacaune. Mais visiblement,
chacun préfère se ranger dans une prudente majorité
silencieuse.
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Un avis «réservé»
Quand l'Association de sauvegarde des maisons et paysages du Tarn
indique qu'elle s'est abstenue sur le projet de Barre auprès
de la commission des sites, c'est finalement un message subliminal
: l'avis « réservé » du président
Didier Pacaud signifie en clair qu'il ne s'opposait pas au projet
: « Il n'est pas situé en crête et on ne le voit
pratiquement que lorsqu'on arrive sur place. Ceci dit, nous contestons
le bien-fondé des projets éoliens dans leur ensemble.
Personne ne parle d'intérêt écologique ou de
politique énergétique. Les seuls arguments qui comptent,
ce sont les conséquences financières. Il n'y a rien
d'autre qui importe », indique t-il. L'association continue
de militer pour la préservation des paysages remarquables
du Tarn.
A Albine par exemple où le projet de parc éolien
impacterait les sites du pic de Nore ou de Peyremaux. Sur chaque
dossier, l'Association de sauvegarde se rend sur place pour essayer
de comprendre quelles seraient les conséquences du projet.
Mais son président Didier Pacaud regrette d'avoir été
« éliminé de la commission des sites, de la
commission des carrières, du conseil de l'architecture dont
j'étais membre depuis de très nombreuses années
».
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Egalement :
---------Voici les reportages inscrits cette semaine au sommaire
du magazine « Sept à Huit », présenté
par Harry Roselmack, dimanche 26 octobre à 18:50 sur TF1.
Le millionnaire du vent. Jean-Michel Germa, chef d'entreprise,
a fait fortune avec du vent. Il dirige la Compagnie du Vent, la
société propriétaire de la moitié des
2400 éoliennes installées en France. Pionnier dans
l'éolien, Jean-Michel Germa installe, dès 1991, dans
l'Aude, sa première éolienne. Dix-sept ans plus tard,
il « fait tourner » aujourd'hui des centaines de machines
et fait partie des 100 plus grosses fortunes françaises.
De Roquetaillade dans l'Aude au Tréport en Seine-Maritime,
en passant par la Vendée, l'entrepreneur parcourt la France
pour implanter de nouvelles hélices non sans susciter de
polémiques. En effet, les opposants à l'éolien
s'organisent et les manifestations, pétitions, procès
se succèdent. Mais Jean-Michel Germa reste optimiste. Cette
semaine, dans la foulée du Grenelle de l'Environnement, la
France s'est fixé pour objectif que 23 % de l'énergie
utilisée soit renouvelable à l'horizon 2020
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