Hervé AUSSANT
En attendant les décisions préfectorales, pro et anti
éoliennes échangent des arguments.
L'enquête publique sur le projet de parc éolien à
Saint-Genou (six machines) est achevée. Le préfet aura
bientôt les conclusions du commissaire enquêteur. Il prendra
ensuite sa décision
Le projet de parc éolien de Saint-Genou, le plus avancé
dans le département, vient de franchir une nouvelle étape,
avec la fin de l'enquête d'utilité, qui s'est achevée
le 7 juillet.
Le commissaire enquêteur a, depuis cette date, un mois pour remettre
ses conclusions au préfet, à qui appartiendra la décision.
Si elle est positive, ne doutons pas que les opposants introduiront
toutes sortes de recours, qui risquent d'entraver la marche en avant
de l'entreprise désireuse de faire fonctionner six éoliennes
de 2 MW (1) sur le site des Rochers, près du hameau de la Brigaudière.
On devrait donc en savoir plus cet été. Comme toujours,
les opposants aux éoliennes se sont beaucoup plus mobilisés
que les partisans et le cahier de l'enquête publique est largement
rempli de doléances défavorables au projet.
On citera, pêle-mêle, de nombreuses nuisances : la hauteur
des éoliennes (150 mètres, ce n'est effectivement pas
rien), une atteinte au patrimoine, à la faune, à la santé
publique, au développement touristique et, pour finir, certains
habitants craignent « une implosion sociale du village ».
Rien que cela
Michel Brault, opposant farouche : « De l'argent, les propriétaires
des parcelles et les exploitants vont en toucher, ainsi que la commune.
Mais de l'argent qui vient si facilement, c'est louche. »
En fait, Michel Brault reprend les arguments exprimés dans l'enquête
publique en les affinant : « On nous casse les pieds pour la couleur
de nos volets mais on n'hésite pas à nous mettre des machines
de 150 mètres de hauteur sous le nez. Je suis allé voir
des éoliennes en Charente-Maritime et l'impact sur la santé
des riverains est réel. »
Impact sur la santéet l'environnementpour les uns ;apport financieraux
collectivités localespour les autres
Michel Brault reprend également l'argument du coût de l'énergie
produite, effectivement supérieur à la moyenne. «
Nous retrouverons ce surcoût sur notre facture EDF à la
rubrique CSPE (Contribution service public électricité)
». Il pose enfin la question de la durée de vie d'une éolienne
et de son démantèlement en fin de vie.
Le maire, Bernard Janvier, s'était exprimé sur le sujet
dans une déclaration écrite en date du 21 juin. Il est
totalement favorable aux éoliennes : « La commune a perdu
beaucoup d'emplois, donc de la taxe professionnelle. Les éoliennes
vont améliorer nos finances, même si nous devrons partager
les rentrées avec la communauté de communes à laquelle
nous devons par ailleurs un certain nombre de réalisations, comme
le goudronnage des chemins ou la réalisation de l'opération
Cur de village . »
La pollution visuelle ? « Ce n'est pas pire que les lignes à
haute tension ». Le patrimoine ? « Les éoliennes
attireront les touristes ». La santé publique ? «
On pourrait parler des téléphones portables, des fours
à micro-ondes
» Les conséquences sur la valeur
de l'immobilier ? « Plusieurs maisons viennent d'être achetées
par des gens qui connaissent le projet de parc éolien. »
On le voit, les deux camps campent sur leurs positions, qui sont irréductibles.
(1) La puissance d'un réacteur nucléaire de nouvelle génération
est de 1.300 MW.