Les enquêtes publiques sont terminées, les conclusions
des commissaires remises. Avant de prendre sa décision, le préfet
soumet les dossiers à consultation publique.
O
n en parle depuis si longtemps qu'on a fini par se demander si des éoliennes
allaient être installées dans l'Indre. C'est que le gouvernement
et son représentant dans le département, le préfet,
ont voulu prendre le temps de la concertation et, surtout, respecter
la procédure à la lettre, afin de ne pas susciter de recours
au tribunal administratif de Limoges.
De toute façon, avant même la première décision,
les bisbilles ne manquent pas : François Gerbaud, sénateur
(UMP) n'est pas d'accord avec son parti sur les vertus de l'énergie
éolienne, les Verts apprécient cet élan gouvernemental
envers les éoliennes mais pestent contre sa concession au privé
et le coût jugé exorbitant de l'énergie produite,
des habitants de Saint-Genou s'inquiètent pour les chauves-souris,
d'autres, dans le canton d'Écueillé, s'interrogent sur
la préservation des paysages, Michel Denisot en tête, et
à Ménétréols, la sérénité
qui sied aux débats municipaux a disparu depuis que quatre conseillers
sur dix ont refusé de prendre part au vote (consultatif) et qu'un
recours auprès du tribunal administratif a été
déposé contre un conseiller municipal, qui serait directement
intéressé par l'implantation d'éoliennes.
Face à l'activisme militant déployé par les
anti-éoliennes les partisans opposent un grand silence
Nous n'en sommes pas à l'explosion sociale redoutée
par certains « anti-éoliennes » mais une chose est
certaine : ça barde.
Sauf que les « anti » ne trouvent pas grand monde en
face d'eux pour leur porter la contradiction : ils s'étonnent,
dénoncent, expliquent, s'opposent. Mais, en face, personne ou
presque.
C'est que les « proéoliennes » sont la plupart du
temps des élus soucieux de faire rentrer la taxe professionnelle
et des propriétaires de terrains qui percevront une redevance.
Ce sont aussi, parfois, des partisans d'une énergie propre, qui
sont toutefois confrontés à une donnée désormais
indiscutable : l'énergie éolienne produite sera près
de trois fois plus chère que l'énergie d'origine nucléaire.
Et ce sont les clients d'EDF qui paieront la différence (lire
ci dessous).
Naturellement, les éoliennes seront installées sur les
sites les plus venteux et les moins remarquables sur le plan du patrimoine.
En principe. C'est pourquoi on retrouvera les éoliennes essentiellement
dans le nord du département, en particulier en Champagne berrichonne.
Après les cathédrales, qui ont longtemps borné
les paysages français, les centrales nucléaires, dont
les réfrigérants sont devenus des points de repère,
les éoliennes (150 mètres de hauteur) vont devenir des
éléments très visibles du paysage. Trop pour certains.
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L'Etat d'avancement des dossiers
Saint-Genou (six éoliennes, un parc) : l'enquête
publique s'est déroulée du 6 juin au 7 juillet. Le commissaire-enquêteur
a rendu ses conclusions au préfet, lequel les a communiquées
au président du tribunal d'instance et aux maires concernés
pour qu'elles puissent être consultées par la population.
Le préfet prendra sa décision ensuite. Celle-ci pourra
faire l'objet de recours devant le tribunal administratif, mais ne sera
suspensive qu'en cas de référé suspensif.
Heugnes-Villegouin (dix éoliennes à Heugnes, six à
Villegouin, un parc) : l'enquête publique s'est déroulée
du 9 juin au 10 juillet. Même état d'avancement qu'à
Saint-Genou.
Ménétréols-Lizeray (seize éoliennes à
Ménétréols, quatre à Lizeray, un parc)
: enquête publique du 9 juin au 10 juillet, avec supplément
d'enquête jusqu'au 22 juillet. Le rapport du commissaire-enquêteur
va parvenir au préfet.
Saint-Georges-Migny (quatorze éoliennes à Saint-Georges,
cinq à Migny, un parc) : enquête publique du 9 juin
au 12 juillet. Le rapport du commissaire-enquêteur va parvenir
au préfet.
Vatan-Liniez-Luçay-le-Libre (six éoliennes à
Vatan, cinq à Liniez, six à Luçay, un parc)
: l'enquête publique aura lieu du 20 septembre au 27 octobre.
La décision finale fera l'objet, au contraire des autres parcs,
d'un arrêté interpréfectoral, puisque le Cher est
concerné visuellement par le projet.
Hervé AUSSANT