Éoliennes : des moulins trop voyants (16/06/2006)
N'y avait-il pas moyen d'éviter
ce saccage du paysage
de Bonneval-sur-le-Loir, en Eure-et-Loir ?
A l'heure où les gaz à effet de serre sont dans le collimateur,
l'éolien prend son envol. Dans certains cas d'une manière
désordonnée et sur des prétextes douteux, estime
François Bach. « Pour lutter contre le dégagement
de gaz carbonique, c'est du coté des transports qu'il faut se
tourner ! La production d'électricité en France ne produit
pas plus que quatre à cinq pour cent de ces émissions
de gaz carbonique. » François Bach n'a pourtant rien contre
les aérogénérateurs ni leurs concepteurs : «
Il s'agit seulement de mettre en garde les populations sur le développement
anarchique des parcs d'éoliennes qui fleurissent un peu partout
en France, et désormais dans notre région. »
Dégradation progressive de
l'environnement
Représentant de la Société pour la protection
des paysages et de l'esthétique de la France, la très
sérieuse SPPEF, il organisait en fin de semaine dernière
une réunion d'information sur ce sujet, à Epiais-en-Beauce.
Le développement durable, mis aujourd'hui à toutes les
sauces, justifie-t-il la dégradation progressive de l'environnement
? François Bach est persuadé du contraire, et s'épaule
pour en convaincre son auditoire sur la déclaration commune des
huit associations de sauvegarde du patrimoine bâti et paysager,
reconnues d'utilité publique, dite « du G8 », que
sont entre autres Vieilles maisons de France, Maisons paysannes de France,
La ligue urbaine et rurale. « La prolifération des éoliennes
nous préoccupe, attention au paysage. Le seul site actuellement
autorisé est celui du secteur de Binas. Cependant d'autres projets
sont en cours, sommes-nous certain de leur impact sur l'environnement
? »
Cravant, en limite du Loir-et-Cher et du Loiret serait du lot ainsi
que Villedieu-le-Château dans le canton de Montoire et un dernier
dans le Vendômois. « Quatre éoliennes ont été
implantées à l'écart du bourg de Bonneval-sur-Loir.
Lorsqu'on regarde l'église on a l'impression qu'elles sont juste
derrière ! Dommage pour le tourisme que l'on veut pourtant développer
dans notre région. »
Ce soudain engouement pour les aérogénérateurs
serait la résultante des dispositifs financiers alléchants,
comme la revente à EDF de l'électricité produite
et les taxes touchées par les communes.
L'appât du gain avant toute considération
écologique et sous le couvert du sacro-saint développement
durable ?
« On sait à l'usage que les sociétés exploitantes
remportent le plus gros morceau. »
Henri LEMAIRE