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MIDI LIBRE.com Edition du 25 Janvier 2006
« Des projets destructeurs de paysages »
L'énergie éolienne a le vent en poupe. Et les opposants
à ce genre d'implantations se défendent bec et ongles
contre des projets qu'ils estiment nuisibles à l'environnement.
Tous craignent pour l'impact sur les paysages. Le collectif "Coup
de vent sur le lac", qui s'est mis en place face au projet
de Naussac-Fontanes, estime : « Des éoliennes de 100
m de haut à côté de chez nous, cela veut dire
des nuisances visuelles de jour et de nuit, une dégradation
incontestable au niveau paysager, avec des risques pour le secteur
du tourisme, et surtout une dépréciation notable (45
% en moyenne, ndlr) du patrimoine bâti dans un rayon de 10
km. Nous nous battons pour que ce projet, contraire aux intérêts
des populations concernées, soit définitivement abandonné.
»
Il est vrai que sur Fontanes, la contestation est très forte.
Le secrétaire général de la préfecture
a reçu les opposants qui avancent le fait que le maire est
partie prenante dans le dossier (ce dernier a depuis abandonné
l'idée de poser une éolienne sur sa propriété).
On rapporte aussi à la préfecture que le projet serait
difficile à mener à bien si d'aventure, la commune
continuait à refuser d'adhérer à l'intercommunalité
langonaise pour ne pas partager les dividendes de la taxe professionnelle
à percevoir.
Par ailleurs, et c'est certainement là un argument de poids,
les opposants expliquent : « Lors des écopages, les
Canadair passent très bas, et dans l'axe des éventuelles
éoliennes. Devra-t-on demander à la Sécurité
civile d'aller chercher de l'eau ailleurs ? »
Alain Zaugg se bat, avec de nombreux amis, contre le projet du Truc
de l'Homme, sur les communes de Fau-de-Peyre et de La Fage-Montivernoux.
« Il y a non seulement une atteinte aux paysages, mais aussi
à l'intégrité de nombreuses sources d'eau potable.
Il est difficile de laisser sacrifier ce paysage. Je peux affirmer
que la colère des habitants est toujours la même. »
Propos confirmés par le commissaire enquêteur, Michel
Salles, qui relate dans l'enquête publique page 26 : «
J'ai ressenti lors de mes permanences une grande colère de
certaines personnes et leur conviction profonde à lutter
contre ce projet. » Page 19, il expliquait encore : «
Les avis négatifs sont portés par plus de personnes
car il est de tradition que celui qui soutient une cause ne l'exprime
que très rarement. »
Le collectif de défense du massif du Truc de l'Homme a attaqué
en septembre 2005 le permis de construire accordé par le
préfet pour sept éoliennes de 107 m de haut sur les
28 projetées. Vu l'étude d'impact, plus que jamais
le collectif semble déterminé à combattre ce
qu'il considère être une aberration totale. Car ce
projet se situe sur un périmètre de protection rapproché
des captages d'eau. Celui-ci a fait l'objet d'une déclaration
d'utilité publique en 1999, dans laquelle il est justement
précisé : « Sur ces parcelles, sont interdites
toutes activités susceptibles de porter atteinte à
la qualité de l'eau. »
De plus, et il est particulier que les promoteurs n'en tiennent
pas compte, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise
de l'énergie (Ademe) et la Direction régionale de
l'environnement (Diren) n'ont pas répertorié le Truc
de l'Homme comme zone de vent. Il va sans dire qu'avec de tels arguments,
les projets sont mis à mal.
Jean-Pierre AMARGER
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