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. Le projet
d'éoliennes sur le plateau de la Haute-Haye, dans le vent
depuis 2004, vient de connaître un sérieux revers.
La préfecture de Seine-Maritime a en effet refusé
d'accorder à son promoteur l'indispensable permis de construire.La
compagnie du Vent, basée à Montpellier, espérait
bâtir dans le sud du pays de Bray un gigantesque parc, d'une
puissance de 22 méga-watts, capable d'alimenter 22.000 habitants.
Les onze machines, d'une hauteur de 123 m en bout de pales, auraient
été construites sur les territoires des communes d'Avesnes-en-Bray
et de Beauvoir-en-Lyons.Alignement surdimensionnéCe scénario
était ardemment défendu par le maire d'Avesnes, Pierre
Masson. Il ne cache pas aujourd'hui sa déception : Nous n'avons
pas d'autres choix que de nous plier à la décision
du préfet, même si elle nous semble très sévère,
confie l'élu. Les arguments concernant le paysage nous semblent
illusoires, puisque la zone concernée est déjà
traversée par une ligne à haute tension. Alors que
les opposants jubilent, les élus, eux, pleurent une taxe
professionnelle qui se serait élevée à 350.000
€par an pour la commune et 120.000€pour la communauté
de communes. Les partisans, comme cet habitant croisé devant
la mairie, regrettent l'abandon d'un projet d'énergie propre
.Pour se justifier, la préfecture invoque le caractère
démesuré du projet et la menace qu'il ferait peser
sur la préservation du paysage.Le code de l'urbanisme permet
de refuser le permis de construire si les constructions, par leur
situation, leurs dimensions ou l'aspect extérieur, sont de
nature à porter atteinte au caractère des lieux avoisinants,
aux sites, aux paysages naturels. Dans le cas présent, les
services de l'Etat ont fait valoir ce préjudice : La réalisation
de onze éoliennes, d'une hauteur de 123 m en bout de pales,
situées en bordure de coteau, au fond de la Boutonnière
du pays de Bray, les rend visibles à partir de nombreux points
créant un alignement surdimensionné par rapport à
la sensibilité du paysage à cet endroit. Paysages
intimistes Bref, le projet est jugé hors d'échelle
face à un environnement bien spécifique. L'arrêté
préfectoral n'hésite pas à invoquer un impact
important sur les paysages souvent intimistes et encore bien conservés
. Il parle également de la co-visibilité avec des
monuments historiques comme les châteaux de Merval, de Dampierre.
Il brandit enfin un risque d'atteinte aux deux zones naturelles
et au site Natura 2000.Au final, la décision est négative.
Et ce malgré une flopée d'avis favorables des services
de l'Etat, dont certains, certes, sont assortis de prescriptions.
Ce qui pourrait permettre aux promoteurs d'exhumer le projet de
la Haute-Haye en le corrigeant. Ils ont en tout cas annoncé
qu'ils ne baissaient pas les bras.F. W.
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