En Seine-Maritime, actuellement trente-deux propositions de promoteurs
sont entre les mains des services de lEtat pour étude.
Un chiffre qui ne cesse de croître. Si plusieurs dentre
elles ne verront sans doute jamais le jour, reste que les compagnies
éoliennes se révèlent toujours aussi intéressées
par la région dieppoise.
Dans les prochaines années elles vont pousser comme des champignons.
Si le chiffre des 200 éoliennes espéré dici
à 2010 en Haute-Normandie ne semble pas près dêtre
atteint, les projets fleurissent dans les cartons des promoteurs. En
Seine-Maritime, douze parcs éoliens ont déjà été
autorisés par la préfecture, dont deux dernièrement
au Bourg-Dun et à Saint-Pierre-Bénouville. Le plus gros
parc prévu rassemblera quatorze éoliennes à Smermesnil
pour une puissance totale de 38 MW. Trente-deux projets ont pour linstant
été déposés et seront étudiés
dans les semaines et les mois à venir. Une dizaine dautres
comme celui de Gueures sont déjà en cours dinstruction.
Le sous-préfet de Dieppe, Henri Duhaldeborde, est celui par
qui transitent tous les dossiers avant dêtre soumis à
laccord du préfet de Seine-Maritime. Une fois par mois,
il anime le comité éolien chargé dexaminer
chaque projet. « Le travail se fait en concertation avec tous
les services concernés. Les commissaires enquêteurs qui
remontent les doléances des habitants jouent un rôle essentiel.
» Henri Duhaldeborde assure se rendre à chaque fois sur
place pour entendre les différents partenaires : « Dans
le choix final je prends seul la décision sans linfluence
de qui que ce soit. Mais, je consulte un maximum de personnes au préalable.
»
Tout vice dans linstruction peut annuler la procédure.
Il y a deux ans, un projet de six éoliennes présenté
par la Compagnie du Vent, la même société que pour
les éoliennes offshore du Tréport, a été
refusé par le préfet. Contestée par la Compagnie
du Vent, la décision du préfet a ensuite été
cassée par le tribunal administratif. Un parc éolien qui
était enterré il y a deux ans refait donc aujourdhui
surface. La Compagnie du Vent va bientôt présenter un deuxième
projet qui devrait être sensiblement le même pour faciliter
et accélérer la procédure dinstruction.
« Les propositions que nous envoyons à la préfecture
doivent être ficelées au mieux car il ne sert à
rien de présenter un dossier qui sera ensuite cassé par
le tribunal administratif. »
Jérôme Lasselin
Projets accordés sur la Seine-Maritime :
Criel-sur-Mer : 6 éoliennes ; Veulettes-sur-Mer
: 4 éoliennes ; Gouchaupré : 4 éoliennes ; Tourville-la-Chapelle
: 4 éoliennes ; Assigny : 6 éoliennes ; Brachy : 5 éoliennes
; Fécamp : 5 éoliennes ; Smermesnil : 14 éoliennes
; La Gaillarde : 5 éoliennes ; Le Ronchois : 11 éoliennes
; Notre-Dame-de-Bondeville : 4 éoliennes ; Saint-Pierre-Benouville
: 5 éoliennes.
Eoliennes du Tréport
Le gigantesque parc éolien
des Deux Côtes est refusé
La décision a été communiquée en début
de semaine dernière. La préfecture de Seine-Maritime,
suite à lavis rendu par le préfet maritime, refuse
de donner suite au titanesque projet offshore du parc éolien
dit des Deux Côtes. Le contre-amiral Philippe Périssé,
préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord, a invoqué
un problème lié à lenfouissement des mines
utilisées pendant les deux dernières guerres à
lendroit où doivent sélever les 156 éoliennes.
Le terrain serait miné.
Le préfet de Seine-Maritime responsable du dossier se conformant
à lavis rendu a donc refusé de poursuivre linstruction
du dossier. Ce projet prévoyait linstallation de 156 machines
à quatorze kilomètres au large de la Côte dAlbâtre
entre Criel-sur-Mer et Cayeux (voir notre édition du 24 novembre
2006). La Compagnie du Vent, porteuse du projet, avait déposé
une demande doccupation du domaine public maritime. Les responsables
du dossier sétonnent de cette décision concernant
une zone pêchée quotidiennement par les chalutiers. La
compagnie explique que la présence de mines nest pas un
obstacle rédhibitoire et quun déminage éventuel
serait possible. La compagnie va user du délai de recours qui
lui est accordé pour présenter de nouvelles propositions
au préfet.
Protestation des pêcheurs
Lannonce de la possible implantation de ces éoliennes
avait causé une forte mobilisation des pêcheurs tréportais
contre le projet : ils sopposaient à une nouvelle amputation
de leur zone de pêche, le parc devant être implanté
sur près de 73 km2, ainsi que de possibles perturbations pour
les espèces marines vivant sur le site.
De son côté, la Compagnie du Vent avançait la création
de près de deux mille emplois durant les trois années
de construction, dune cinquantaine demplois directs et deux
cents emplois indirects engendrés par lexploitation du
parc. Elle proposait également la mise en place dun récif
artificiel et le versement de taxes au comité de pêche
local denviron 4,25 millions deuros.
Ce parc éolien aurait permis dalimenter 860 000 personnes
en électricité chaque année dès la mise
en service des 156 éoliennes ; les premiers tours de pales étaient
envisagés à lhorizon 2012.