Les 156 éoliennes ne font pas l'unanimité au Tréport

un nouveau projet de parc off-shore

Un projet de 156 éoliennes off-shore est actuellement à l’étude au large des côtes tréportaises. Présenté le 5 décembre dernier aux élus et aux pêcheurs par la Compagnie du vent, il est loin de faire l’unanimité. Les patrons-pêcheurs craignent la désertion des poissons sur cette zone.
Des monstres de 120 mètres d’envergure pour 140 mètres de hauteur. D’ici 2008 au plus tôt, 156 éoliennes off-shore pourraient investir le large des côtes tréportaises. C’est en tout cas le souhait de la Compagnie du vent qui est venue présenter son projet aux élus et aux pêcheurs du Tréport le 5 décembre dernier.Depuis de nombreuses années déjà, la société basée à Montpellier dans l’Hérault avait repéré ce site, avant de l’abandonner car il se trouvait sur un ancien champ de mines. « Mais nous avons appris qu’il était possible de le déminer et nous avons repris nos études de pré-faisabilité en 2001 », explique Isabelle Giudicelli, chargée de la communication auprès de la Compagnie du vent.Si l’entreprise spécialisée dans l’énergie éolienne s’est intéressée d’aussi près à ce site, c’est qu’il « possède toutes les qualités nécessaires, avec du vent et une profondeur de sol susceptible d’accueillir les éoliennes », souligne Isabelle Giudicelli. Situé à quatorze kilomètres des côtes, le raccordement électrique devrait être facilité et le parc s’inscrira « dans le paysage, puisqu’il sera à peine visible depuis le littoral », assure la jeune femme.
Pêcheurs et élus contre
Des arguments qui n’ont pas suffi à convaincre les pêcheurs qui ont assisté en nombre à la réunion d’information. Et pour cause : le site retenu par la Compagnie du vent se trouve en pleine de zone de pêche, là où se trouvent notamment les bancs de soles et de turbots, les poissons les mieux payés sur le marché.
Dans l’Informateur du 8 décembre, les professionnels ont fait part de leur vive inquiétude: « Le champ magnétique sera tel que les poissons vont fuir. Nous n’en trouverons plus, ni sur la zone ni autour », expliquent-ils. Et même si les grandes unités pourront élargir leur zone de pêche, que vont devenir les plus petits bateaux, ceux qui sont en plus grand nombre au Tréport?
Favorable aux énergies renouvelables, le maire du Tréport Alain Longuent partage pourtant les inquiétudes de la profession: « Si le parc éolien doit mettre en péril les activités portuaires de pêche du Tréport, je ne peux y être favorable, et là c’est le cas », confie-t-il avant de préciser: « Je ne suis pas contre les projets de parcs éoliens, mais je demande un schéma d’aménagement global et non pas des projets qui fleurissent au gré du vent et des humeurs », confie-t-il.
Quoi qu’il en soit, de nouvelles réunions entre les principaux intéressés devraient se tenir. « Nous continuerons la discussion avec les élus et les pêcheurs et nous présenterons notre projet au deuxième appel d’offres lancé par le gouvernement. Mais aucune date n’est arrêtée pour le moment », précise la porte-parole de la Compagnie du vent. Par ailleurs, les préfectures de la Seine-Maritime, de la Somme et la préfecture maritime auront elles aussi leur mot à dire.

M. DS.

Journal du 23 décembre 2005
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